La politique culturelle et le malaise identitaire français

Jean-Thomas LESUEUR, délégué général de l’Institut Thomas More

Une politique culturelle cherchant à répondre au malaise identitaire français est-elle possible ? Alors que l’Assemblée nationale discute depuis le 28 septembre le projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine de Fleur Pellerin, texte sans ambition ni vision, il est indispensable de concevoir une politique alternative qui se fixe comme objectif principal la transmission entre générations des fondements et des repères qui expliquent et justifient ce que c’est qu’être Français aujourd’hui.

Septembre 2015 | Points clés 8

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Le projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine présenté par Fleur Pellerin en Conseil des ministres en juillet dernier, est discuté à l’Assemblée nationale depuis le 28 septembre. Le texte, sans grande ambition ni vision politique, témoigne de l’indifférence profonde dans laquelle l’exécutif semble tenir la question culturelle. Alors qu’un malaise identitaire croissant taraude les Français, qui s’interrogent sur l’avenir de leur pays, ce désintérêt ne laisse pas d’étonner.

La définition et la mise en œuvre d’une politique culturelle rénovée et ambitieuse seraient pourtant à même, sinon bien sûr d’apporter toutes les réponses, du moins d’aider à dire et à redire ce qu’est la France, qui sont les Français et ce qu’ils souhaitent être et demeurer à l’avenir. A travers des choix valorisant davantage le patrimoine, la célébration de notre histoire et de notre culture nationales et la langue française, une action moins centralisée et mieux enracinée sur les territoires et des initiatives laissant aux Français une plus grande liberté dans leurs choix culturels et les mobilisant autour de projets qui les touchent, il est possible de dessiner les contours d’une politique culturelle alternative allant dans ce sens.