Immigration | Est-ce vraiment une chance pour l’économie ?

Jean Thomas LESUEUR, délégué général de l’Institut Thomas More

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Novembre 2015


L’immigration est-elle bonne pour la croissance ? L’immigration stimule-t-elle l’économie, la consommation, l’emploi ? Nos systèmes sociaux sont-ils capables d’accueillir de nouvelles vagues d’immigration ? Alors que, depuis quelques mois, l’Europe fait face à une vague de migrants sans précédent, certains répondent à ces questions pour l’affirmative et affirment que l’immigration a un impact positif sur la croissance et l’économie. Dans un entretien croisé avec Hippolyte d’ALBIS, économiste, directeur de recherche au CNRS et professeur à l’École d’économie de Paris, Jean Thomas LESUEUR, exprime ses doutes sur ces analyses qui ne tiennent aucun compte des conséquences sociales et culturelles à long terme.

Pour Jean Thomas LESUEUR, on ne peut accepter la vision des « partisans de la société de marché qui ne voient les individus que comme des consommateurs et des producteurs et le champ social que comme un marché » et « que ne soit pas tenu pour rien le lien social entre les personnes et l’environnement culturel qui est le leur ». S’il faut, à ses yeux, « accueillir les réfugiés qui viennent de zones de guerre », il serait sage en parallèle de « réduire les flux de l’immigration régulière à proportion de l’arrivée des réfugiés de guerre. Tout comme il serait sage de réduire l’immigration de travail, de mieux surveiller le rapprochement familial et de s’attaquer à l’immigration clandestine ».

Il est indispensable, selon lui, de prendre en compte « les effets induits et notamment socio-culturels de l’immigration sur les sociétés d’accueil » : « évidemment, ça n’est pas quantifiable comme un taux de chômage ou un taux de croissance. On ne mesure pas l’insécurité culturelle (comme dit Laurent Bouvet) et les inquiétudes qu’elle fait naître, mais on devine aisément ce qu’elle coûte à la cohésion d’un pays et sa confiance dans l’avenir ».