Les primaires à droite | Enjeux, risques et conditions de succès

Édouard MICHON, chercheur associé à l’Institut Thomas More

Les 20 et 27 novembre prochains, Les Républicains organiseront des primaires ouvertes « à tous les sympathisants de la droite et du centre » pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle de 2017. Après quatre ans dans l’opposition, c’est un parti à la fois fragilisé par ses dissensions internes, menacé par la montée du Front national et n’ayant pas encore retrouvé sa crédibilité aux yeux des Français, qui se prépare à un exercice inédit dans son histoire. Enjeux, risques, conditions de succès : cette note balaye en 10 points clés tous les aspects de ce scrutin à haut risque.

Février 2016 | Points clés 13

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Les primaires socialistes de 2011, qui conduisirent François Hollande à l’Élysée, furent un incontestable succès. Apres l’avoir beaucoup critiquée, la droite s’est ralliée à cette méthode de sélection de son champion et organise les 20 et 27 novembre 2016 des primaires ouvertes « à tous les sympathisants de la droite et du centre ». Les Républicains espèrent ainsi obtenir la même réussite que la gauche il y a cinq ans et en tirer les mêmes bénéfices pour 2017 (rassemblement, succès démocratique, dynamique).

Mais après quatre ans dans l’opposition, la droite française est dans une situation qui n’a rien de confortable. Le score du Front National aux dernières élections traduit une tripartition de la vie politique française et rend crédible le scénario d’un 21 avril à l’envers. Minés par leurs divisions, en quête de crédibilité aux yeux des Français, Les Républicains n’apparaissent pas comme une formation renouvelée et unifiée. Enfin, dans un contexte de chômage de masse, d’insécurité croissante et de menace terroriste, les Français attendent un message neuf et des idées fortes.

Les primaires seront-elles une réponse crédible à cette attente ? La droite, dont ce n’est pas la tradition, saura-t-elle en tirer le meilleur profit ? A quel prix se fera le rassemblement ? Les électeurs participeront-ils en masse au scrutin et conféreront-ils ainsi au vainqueur une légitimité forte ? Quels sont les atouts et les risques d’un tel processus de désignation ? Quels sont des enjeux déterminants de ces primaires pour la droite ?